
Arènes de Vérone
Arènes de Vérone Chronologie Historique
Dernière mise à jour le 22 septembre 2026Les Arènes sont le troisième amphithéâtre romain encore debout par la taille, et le seul à n’avoir jamais cessé de servir. Leur anneau extérieur a presque entièrement disparu — quatre arcades subsistent, l’Ala —, de sorte que la façade devant laquelle on fait la queue est celle que le mur extérieur masquait. Presque chaque date ci-dessous est un dommage, ou la réponse à un dommage.
Chronologie
- Construites juste hors les murs, en terrain libre : il n’y avait pas de place dans le damier romain. D’où leur position en bordure de la piazza Bra et non au centre de la vieille ville, et d’où le fait que la place qui les entoure soit le plus grand espace ouvert de Vérone. Elles accueillaient environ 30 000 personnes.
- Déjà debout lorsque Vespasien fortifie la ville — le plus ancien point fixe attestant leur existence, et la raison pour laquelle la date de construction peut être resserrée.
- Gallien refait les murailles et ajoute un tronçon défensif qui fait entrer l’amphithéâtre dans la ville. À partir de là, le public sort d’un monument romain directement dans Vérone.
- Une crue de l’Adige endommage la structure. Le fleuve, et non la guerre, est la plus ancienne menace récurrente des Arènes.
- Le tremblement de terre catastrophique du 3 janvier, un an après une première secousse en 1116. L’anneau extérieur s’effondre presque entièrement ; seules subsistent les quatre arcades de l’Ala, et tout ce qui est visible depuis la place aujourd’hui est le deuxième anneau, mis au jour pour la première fois.
- Un incendie ravage la ville et le marbre des Arènes sert de carrière pour la reconstruire. C’est là — et non dans une lente décrépitude — qu’est passé l’anneau extérieur tombé.
- Les statuts municipaux énoncent le premier engagement formel de la ville à entretenir le bâtiment. Les Arènes cessent d’être une carrière pour devenir une responsabilité.
- Une restauration est approuvée en mai ; la peste l’interrompt en 1575, et la municipalité rachète entièrement les Arènes en 1586. Le rythme heurté des deux siècles suivants commence ici.
- Scipione Maffei publie la première grande étude savante, et des fouilles dégagent 120 cm de terre accumulée à l’intérieur dans l’année qui suit. Le niveau de sol sur lequel on se tient est le produit de ce creusement.
- Les habitants sont expulsés des arcades, et quarante-deux d’entre elles sont réaffectées au stockage. Le bâtiment cesse d’être habité — pendant des siècles, les arches avaient abrité ateliers et logements.
- La première saison lyrique est donnée.
- Aida inaugure le Festival des Arènes de Vérone, qui se tient chaque année depuis, hors périodes de guerre. L’acoustique qui le rend possible — des voix non amplifiées portant jusqu’au dernier gradin — est une propriété de la géométrie romaine, et non d’un ajout quelconque.
- Les cinq piliers verticaux de l’Ala sont mis en précontrainte par câbles d’acier, de nouveau en 1956. Le fragment le plus fragile de l’anneau extérieur tient debout grâce à l’ingénierie du XXe siècle.
- Les Jeux olympiques d’hiver s’y closent et les Jeux paralympiques d’hiver s’y ouvrent — un amphithéâtre romain servant à une cérémonie mondiale près de deux mille ans après sa construction.
Ce qui a survécu, et comment
Les quarante-quatre gradins de calcaire rose de la Valpolicella portent environ 22 000 personnes pour la saison d’été, contre une estimation de 30 000 à l’époque romaine. La réduction tient à une limite de sécurité moderne et non à une perte de places.
Les arcades ont passé l’essentiel de la vie du bâtiment en usage — ateliers, logements, entrepôts —, ce qui explique en grande partie sa survie. Un édifice dont quelqu’un a besoin est un édifice que quelqu’un entretient, et l’expulsion de 1820 marque la fin de cette longue occupation sans prestige plutôt que le début de l’importance des Arènes.